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Couverture de La Décénnie rouge (Mensch oder Schwein)

La Décénnie rouge (Mensch oder Schwein)

de Michel Deutsch


La Décénnie rouge (Mensch oder Schwein) : Extraits

Berlin. Juillet 1970. Appartement à Kreuzberg. Baader tire les rideaux.

Gudrun Ennslin – Ces porcs de flics ont assassiné Benno Ohnesorg. Ils nous tueront tous… Vous savez quel ramassis de salauds on a contre nous. C’est la génération d’Auschwitz qu’on a contre nous… On ne discute pas avec les gens qui ont fait Auschwitz. Il faut organiser une résistance armée.

Ulrike Meinhof – Savoir s’il est juste d’organiser la résistance armée maintenant ne peut être tranché que par la pratique.

Andras Baader – L’illégalité et la lutte armée ne sont possibles que si tu coupes tous les ponts derrière toi, Ulrike. Tu dois te décider, prendre enfi n parti. Merde ! Tu manques de fermeté dans tes convictions révolutionnaires.
Tu n’es qu’une foutue intellectuelle sentimentale. Je vais te dire : aussi longtemps que tu n’auras pas renoncé à tes enfants, tu ne seras pas l’amante de la révolution.

Ulrike Meinhof – Quand j’ai contribué à ton évasion de prison, le revolver au poing, je n’étais sans doute qu’une foutue intellectuelle sentimentale. Tu as oublié de me le dire à ce moment-là.

Gudrun Ensslin – Révolutionner les révolutionnaires ! Souviens-toi de ce mot d’ordre. J’ai quitté Bernward Vesper qui se prenait pour Kleist allant se noyer dans le Wannsee ; j’ai renoncé à Felix, mon petit garçon, parce que la révolution ne suppporte pas les demi-mesures.

Ulrike Meinhof – Notre génération, la génération de l’après-guerre a été formée, dans le cadre de la politique de rééducation mise en place par les américains, à respecter et à défendre les valeurs de la démocratie, y compris la liberté d’expression. Or aujourd’hui à quoi assistons-nous ? L’Etat de Willy Brandt est en train de se fasciser. La sociale démocratie et la démocratie parlementaire révèlent leur vrai visage. En 1968 j’étais déjà convaincue que la République fédérale était en train de devenir un Etat policier. En 1969 j’avais écrit dans Konkret qu’on assistait à un processus de fascisation de la République fédérale.

Gudrun Ensslin – Tu n’as toujours pas répondu à la question : que comptes-tu faire de tes enfants ?... Avec Andreas, on a pensé que tu devrais les mettre à l’abri dans un camp palestinien. Toi-même, tu avais évoqué cette solution à Amman. Tu disais que tu voulais qu’ils soient élevés dans la haine des Américains et des Israéliens… Rien que des mots

Camarade, il faut que tu apprennes à ne pas te satifaire uniquement de

mots !


I hope I die / before I get old The Who

ANDREAS BAADER - Bonnie ?

GUNDRUNE ENSSLIN - Oui ?

ANDREAS BAADER - Je t’aime !

GUNDRUN ENSSLIN - Moi aussi je t’aime, Klyde. Jusqu’à la mort.

ANDREAS BAADER - Jusqu’à la mort, Bonnie. Jusqu’à la mort.


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