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Habit(u)ation


: Petite rencontre avec Anne-Cécile Vandalem

Après Zaï Zaï Zaï Zaï, Hansel et Gretel et (Self) Service la saison dernière, Habit(u)ation est un nouveau projet inédit, une nouvelle création originale… comment est née l’idée du projet ?


J’avais envie de parler des oppositions, des antagonismes. Adulte/enfant, immobilité/ mouvement, circulaire/linéaire… Car ce sont ces oppositions qui créent le réel, ou nous font l’appréhender. Qui donnent, en fin de compte, l’illusion de la vie. Je continue à m’intéresser de très près à l’agonie. Vous savez? ce que l’on dit des derniers instants d’une vie, du temps qui s’accélère, des souvenirs qui défilent. Cette accélération du mouvement qui nous mène irrémédiablement à la mort. Le sursis durant lequel tout est possible. Le regret, l’appétit, la peur, l’impatience, la souffrance, la puissance. Le condensé d’une existence. Qui doit être,en somme, le moment le plus intense qui nous sera donné de vivre. Peu importe sa durée objective.


Les limites très floues entre «réel», «irréel», «fantasme» et «virtuel», c’est encore ce que vous avez envie d’explorer au travers du spectacle ?


Le concept de réalité est l’essence même de la Trilogie des parenthèses. II s’agit d’observer la manière dont les gens interviennent sur la réalité afin de survivre à leur isolement. Ce que j’appelle « réalité », c’est cet espace-temps à l’intérieur duquel chaque individu évolue de manière singulière en y appliquant une grille de lecture qui lui est propre, quand bien même tous, nous pensons l’appréhender selon une grammaire commune. C’est donc à cet endroit du « réel » sans doute que se situe notre difficulté à nous rencontrer les uns les autres. C’est là le lieu-même du malentendu et de l’incompréhension mutuelle. Or, partant de cette présupposée valeur absolue, nous nommons irréalité — ou virtualité, ou fantasme, ou folie — tout ce qui s’en écarte. Et je suis convaincue que les limites sont moins nettes qu’on aimerait le croire. C’est d’ailleurs, en grande partie , la raison pour laquelle j’ai tant de plaisir à me jouer de la fiction. C’est l’essence même de mon travail.


Vos spectacles explorent aussi les différentes facettes de l’univers technique (la vidéo dans Hansel et Gretel, le son dans (Self) Service…) est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots du défi technique d’Habit(u)ation?


Et mes spectacle sont fondés sur toute une série de secrets dont, cette fois encore, le dispositif fait partie. La seule chose que je puisse en dire: le mouvement en est le moteur…


Anni sera jouée par une fillette de dix ans, comment se passe le travail avec les deux jeunes comédiennes qui joueront son rôle en alternance ?


Je tenais impérativement à ce que le rôle d’Anni soit joué par une petite fille. Anni est le miroir de cette famille. Elle leur renvoie en permanence le reflet de leur immobilité. Concrètement, elle intervient toujours à des endroits stratégiques de la narration. Le rôle est concu pour que les petites filles n’aient pas grand chose de plus à jouer que ce qu’elles sont. Leur présence même suffit àt trianguler le récit. Des acteurs à l’enfant et de l’enfant au public. Le plus important était donc de conserver la spontaneité de ces petites filles. Le reste est affaire de dynamique.

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